jeudi 14 août 2008

Le bon moment

Ce soir, j’ai vu une chorale de camp de jour aux Fêtes de quartier de Chambly.

Imaginez, une trentaine d’enfant, probablement entre 8 et 12 ans, toutes des petites filles, à part trois, les plus rouge du groupe, entassés sur une petite scène, au milieu d’un grand parc, devant, au minimum, une trentaine de parents…

J’étais là, parmi le public, et je ne pouvais m’empêcher d’observer autant les jeunes choristes que les vieux spectateurs. J’allais des yeux apeurés, presque terrorisés, d’une petite fille dans la première rangée, à ceux rempli d’espoir, d’un père de la dernière rangée.

J’y ai vu plusieurs enfants moins concentrés sur les paroles de leur chanson que sur la recherche active de leur famille dans la foule. Parmi eux, des regards inquiets qui deviennent soulagés dès qu’ils reconnaissent un visage familier; alors que d’autres deviennent tristes, parce que le visage recherché n’est pas là…

J’y ai vu des enfants donner tout ce qu’ils étaient capable de donner tandis que d’autres se contentaient de parader fièrement, comme si déjà on pouvait différencier ceux qui rêvaient de faire une carrière artistique de ceux qui espérerait devenir une star…

J’y ai vu des parents très attentif à la performance de leur enfant, s’efforçant de conserver un grand sourire d’encouragement, malgré les cafouillis évident de leur progéniture; et d’autres, plus intéressé par le ciel, les oiseaux, les décolletés plongeants ou leurs appels téléphoniques.

J’y ai vu et entendus des enfants chanter avec cœur, comme s’ils écoutaient ce genre de musique à tous les jours, de vieilles chansons de Michel Fugain et de Joe Dassin; et des parents enthousiaste fredonner toutes les chansons comme si chacune avaient été choisit pour leur faire personnellement plaisir. J’ai même eu droit à Bravo monsieur le monde, l’une de mes préférées.

J’avoue avoir eu une larme à l’œil, comme si j’étais témoin d’une des plus belle scène qui m’est été donner de voir. Comme si j’avais saisi intérieurement toute l’importance du spectacle qui se déroulait devant moi. C’était là, toute la démonstration de l’amour inconditionnelle entre un parent et son enfant. Imaginez vous comment j’étais ému quand j’ai vu la petite fille terrorisée du début, courir vers son père qui allait déjà à sa rencontre, les bras grands ouverts, lui sauter au coup et là enfin, sourire de toutes ses dents, soulagée que l’épreuve soit terminée.

Ému, j’ai essayé de me rappeler si j’avais déjà vécu ce genre d’expérience. Au début, je ne me souvenais de rien, mon père n’a jamais pu venir me voir en spectacle, puis, tranquillement, je me suis rappelé… Ma mère était toujours là, chaque fois qu’on lui donnait le droit d’être là. À mon show de musique de première année, elle m’avait même aidé à fabriquer une espèce de batterie avec un vieux cendrier sur pieds, des casseroles et des assiettes en aluminium ; et à ma première pièce de théâtre en cinquième année où j’acceptais de recevoir le ballon en pleine face pour faire rire tout le monde… Et j’ai réalisé que c’est grâce à elle que j’ai aimé faire le clown, jouer la comédie, tenter de faire rire les gens… simplement parce qu’elle était là, au bon moment.

Les parents ignorent trop souvent à quel point ils ont une influence sur le développement de leur enfant. Leur simple présence, au bon moment…

Et je me suis rappeler pourquoi j’étais là, parmi les spectateurs. Parce que mon fils montait sur scène juste après la chorale. Et c’est moi qui avais, pendant toute sa prestation, un sourire béat d’admiration, les yeux brillants de fierté…

En constatant l’aisance qu’il avait sur scène, un simple reflet de celle qu’il a dans la vie, j’ai compris qu’on ne s’était jamais déplacé pour rien… toutes ces fois où nous avons été là, ont servis à faire de lui l’homme qu’il est devenu.

Il a beau être un adulte depuis peu, il demeurera toujours mon enfant, et j’espère bien être encore là au prochain bon moment de sa vie…

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