Hier. Minuit, le soir. Je me réveille en larmes. C’est trop injuste pour Marc, Fanny et les autres. J’ai du mal à l’accepter, à commencer le deuil. Peut-on traverser un si long désert parsemé d’embûches, être submergé d’espoir à la vue d’une oasis et mourir en constatant que ce n’était qu’un mirage ? Eh bien oui. Et c’est la raison de l’émotion qui m’envahit : le bonheur est si fragile et fugace qu’il faut le saisir en plein vol et espérer le ressentir encore lors de notre dernier souffle. Je comprends pourquoi je pleure, et pourquoi ça me fait paradoxalement du bien.
Aujourd’hui. 8 heures, le matin. J’ai le goût de partager mes impressions sur cette superbe série. Ça faisait du bien d’entendre parler pour une fois des vrais hommes : de chairs, de larmes et de sang. On n'a jamais décrit et dépeint aussi bien les hommes de ma génération. Merci aux deux auteurs de génie pour leurs trouvailles exceptionnelles : je pense au psy de service qui m’apparaissait particulièrement compétent malgré ses conditions de pratique, la façon de donner un nom aux animaux et la malédiction qui planait sur ceux-ci jusqu’à la fin (comme tout le monde je ne pensais qu’à la vie du chiot avant le drame), et surtout pour quelque chose que j’aimerais bien partager avec les trois mousquetaires de Minuit, le soir : une grosse boule d’amour ! Merci à vous quatre (tout le monde sait que les trois mousquetaires sont toujours quatre) : le p’tit (Marc Legault), bon comme toujours, que ce soit à bord d’un vaisseau, au milieu d’une patinoire de la LNI ou à la porte d’un bar ; le gros (Louis Champagne), acteur magnifique qui gagne à être connu ; le vieux (Julien Poulin), qu’il a fait bon de voir dans un rôle à mille lieues de son célèbre Bob ; et la fille (Julie Perreault), toujours aussi belle et sensuelle, forte et fragile à la fois. Merci pour votre jeu impeccable et troublant. Merci aussi à Podz, ce grand réalisateur qui a su, avec originalité et innovation, illustrer à la perfection grâce à ses jeux d’ombres et de lumière, ses pas en avant et ses retours en arrières, la complexité des tourments intérieurs de chacun des personnages et des situations qu’ils devaient rencontrer.
Aujourd’hui. 9 heures, le matin. Je n’en peu plus d’attendre. Je rêve d’avoir en cadeau un coffret de la trilogie aussitôt qu’il sortira (je l’espère !). Je ne peux qu’encourager tout les hommes de quarante ans (et des piges) à se procurer les trois saisons de la série qui, si vous les regardez en rafales, vous feront vibrer du cœur et songer de la tête bien au-delà de Minuit, le soir.