« Anastasia était au mauvais endroit, au mauvais moment ! » C’est ce qui était sur toutes les lèvres des journalistes après la tuerie au collège Dawson. Comme si ces paroles pouvaient soulager la famille de la victime. Comme si elles pouvaient nous rassurer, nous rappeler que cela est arrivé à elle par hasard, qu’elle n’était pas visée, que nous n’avons pas vraiment de moyen pour nous protéger d’un événement semblable, que nous ne pouvons rien faire finalement pour éviter qu’un tel événement se reproduise… C’est étrange comment des paroles rassurantes peuvent devenir angoissantes.
« C’est plutôt le tueur qui était au mauvais endroit, au mauvais moment ! » C’est ce qu’a dit la mère d’Anastasia à l’intention d’un gouvernement qui s’apprêtait à adoucir le registre des armes à feu au Canada. Une phrase qui m’a ému au plus haut point…
Ça m’a rappelé que dans plusieurs problématiques que je traite, on ne peut pas se contenter d’aider une personne à contrôler ses impulsions ou à mieux gérer ses émotions. Dans le traitement de la toxicomanie par exemple, on sait bien qu'une plus grande disponibilité du produit intoxiquant ne favorise pas le pronostic de guérison. Heureusement que les drogues ne sont pas légalisées, pourrait-on dire. On a le même problème avec les vidéo-pokers trop accessibles.
Mais devons nous tout contrôler dans notre société parce que certains individus n’ont pas d’auto-contrôle ? Je ne sais pas. Par contre, je crois à la loi de la paresse humaine universelle. Personne n’aime les choses compliquées. Si c’est trop compliqué de fumer, on ne fume plus (ou on fume moins !). Mais aucune loi n’empêchera un irréductible fumeur de fumer. La loi ne peut que réduire le nombre d’adeptes de la cigarette, de la cocaïne ou des armes à feu et par conséquent… le nombre de morts.
jeudi 23 novembre 2006
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