samedi 23 décembre 2006

Joyeux...

J’ai pensé vous souhaiter « Joyeux Noël ! » mais j’ai eu peur d’offenser un juif hassidique qui passerait par mon blog.
Par la suite, j’ai songé à vous souhaiter « Joyeux temps des fêtes ! », comme si on pouvait y inclure toutes les fêtes religieuses, mais ça ne tromperait personne, il est trop tard pour Hanoukka et trop tôt pour le Ramadan, ou l’inverse, je ne le sais pas vraiment. De toute façon, le temps des fêtes ne veut plus rien dire puisqu’il y a des fêtes pendant toute l’année.
Et le traditionnel « Bonne et heureuse année ! » ne convient plus puisque le nouvel an ne commence pas partout en même temps, on n’a qu’à penser aux Chinois. C’est quoi de toute façon cette tendance à vouloir imposer notre calendrier romain à l’ensemble de la planète ?
J’ai failli opter pour le « Joyeux solstice ! », une formule qui tente de s’imposer, paraît-il, dans la fonction publique canadienne. Pourtant, encore-là, on risque de favoriser une religion plutôt qu’une autre, ce sont les Wicca et leurs adeptes de sorcellerie qui portent particulièrement attention aux cycles astronomiques…
J’aurais pu vous souhaiter « Paix et amour ! », mais c’était trop injuste pour les peuples en guerre ou les célibataires souffrant de solitude. Et le « Santé et prospérité » n’était guerre mieux quand on pense à tous ces enfants malades ou pauvres…
Découragé, j’ai presque fini par vous dire ironiquement, « Bonne période de magasinage ». En vous souhaitant de pouvoir répondre « oui » à la merveilleuse question des caissières de grands magasins : « Vous avez trouvé ce que vous cherchiez ?»
Faudrait pas non plus oublier de bien différencier à quel « genre » de personne on s’adresse : « Joyeux Noël à tous les québécois et les québécoises…» ou pourquoi pas « à tous les handicapés et les non handicapés », « à tous les gros et à tous les petits »… faudrait surtout pas déplaire à quelqu’un ou quelqu’une !
Heureusement, j’ai réalisé quelque chose d’important en pensant à ses efforts d’accommodement « déraisonnable ». Il n’y a que les politiciens qui ont quelque chose à gagner à maintenir une des plus vieilles idées déraisonnables de tous les temps : il est très important de plaire à tout le monde. Faut pas se laisser berner, ils ne cherchent qu’à acheter le plus de votes. Mais ils oublient une leçon mille fois démontrée en psychologie : à vouloir plaire à tout le monde, on n’intéresse plus personne !

J’ai donc décidé de m’affirmer pour Noël : « Je vous souhaite un beau temps des fêtes, rempli de joie et d’allégresse auprès des personnes qui vous sont les plus chères. Je vous souhaite de vous émerveiller devant votre majestueux sapin et son étoile scintillante, votre crèche qui rappelle la naissance d’un grand homme, vos décos ancestrales ou vos lumières écologiques, et pourquoi pas, devant une petite chute de neige féerique, mais surtout, je vous souhaite d’être émerveillé par les yeux brillants de vos enfants… »

jeudi 23 novembre 2006

Contrôle

« Anastasia était au mauvais endroit, au mauvais moment ! » C’est ce qui était sur toutes les lèvres des journalistes après la tuerie au collège Dawson. Comme si ces paroles pouvaient soulager la famille de la victime. Comme si elles pouvaient nous rassurer, nous rappeler que cela est arrivé à elle par hasard, qu’elle n’était pas visée, que nous n’avons pas vraiment de moyen pour nous protéger d’un événement semblable, que nous ne pouvons rien faire finalement pour éviter qu’un tel événement se reproduise… C’est étrange comment des paroles rassurantes peuvent devenir angoissantes.
« C’est plutôt le tueur qui était au mauvais endroit, au mauvais moment ! » C’est ce qu’a dit la mère d’Anastasia à l’intention d’un gouvernement qui s’apprêtait à adoucir le registre des armes à feu au Canada. Une phrase qui m’a ému au plus haut point…
Ça m’a rappelé que dans plusieurs problématiques que je traite, on ne peut pas se contenter d’aider une personne à contrôler ses impulsions ou à mieux gérer ses émotions. Dans le traitement de la toxicomanie par exemple, on sait bien qu'une plus grande disponibilité du produit intoxiquant ne favorise pas le pronostic de guérison. Heureusement que les drogues ne sont pas légalisées, pourrait-on dire. On a le même problème avec les vidéo-pokers trop accessibles.
Mais devons nous tout contrôler dans notre société parce que certains individus n’ont pas d’auto-contrôle ? Je ne sais pas. Par contre, je crois à la loi de la paresse humaine universelle. Personne n’aime les choses compliquées. Si c’est trop compliqué de fumer, on ne fume plus (ou on fume moins !). Mais aucune loi n’empêchera un irréductible fumeur de fumer. La loi ne peut que réduire le nombre d’adeptes de la cigarette, de la cocaïne ou des armes à feu et par conséquent… le nombre de morts.